Le voyage pour le pèlerinage sans mahram

Il y a eu une divergence entre les savants autour de ce point, lorsqu’une femme veut accomplir l’obligation du pèlerinage alors qu’elle ne trouve pas un mahram disponible :

a. Selon certains (les Hanbalites), le pèlerinage n’est obligatoire qu’en cas de présence d’un mahram. Sinon, la femme seule n’est pas tenue de le faire.
b. Selon d’autres (les Hanafites), le mahram n’est exigé pour le pèlerinage d’une femme que lorsque le voyage dépasse trois jours, comme le souligne un hadith prophétique. Par contre, pour une durée inférieure à trois jours la femme est autorisée de voyager sans mahram.
c. Une autre partie de savants a exigé soit la présence du mahram ou soit celle :
– d’une compagnie sûre de personnes
selon les Malikites ;
– d’une compagnie sûre de femmes à partir de deux et plus selon les Chafiïtes afin que le pèlerinage soit obligatoire pour une femme. Par contre, si cette dernière le fait avec une seule femme, son pèlerinage obligatoire est valide (et non le surérogatoire).
L’argument de ces deux dernières écoles est l’autorisation du Calife Omar (QDLA) accordée aux femmes du Prophète (SSSL) de voyager, sans mahram, accompagnées d’Othman fils de Affan et d’Abdurrahman fils de Aouf (QDLA) (rapporté par Bukhari). Cela signifie que plusieurs compagnons (dont Omar, Othman, Abdurrahman et les femmes du Prophète (SSSL)) étaient d’accords sur le fait que la compagnie sûre suffit pour le pèlerinage d’une femme sans mahram. Sachant qu’aucun autre compagnon n’a critiqué cette décision.
d. Certains ont autorisé à la femme de voyager, sans mahram, au pèlerinage si la sécurité règne sur la route du pèlerinage. Et ils ont expliqué l’interdiction faite au voyage d’une femme seule, à l’époque du Prophète (SSSL), par la guerre contre les associateurs et la présence des pirates de route. Ce qui signifie que l’islam n’a pas réduit la liberté de la femme en lui interdisant de voyager seule, mais il a plutôt voulu la préserver des dangers à une époque où régnait l’insécurité dans la péninsule arabique. Cette interdiction n’est donc plus d’actualité à une période où la sûreté est retrouvée. Cet argument était peut-être à l’origine de la décision d’Omar (QDLA) d’autoriser le pèlerinage des femmes du Prophète (SSSL) sans mahram car la sécurité dominait l’état musulman et avait remplacé l’insécurité occasionnée auparavant par la guerre. L’avis d’autorisation conditionnée par la sécurité trouve son argument dans le hadith où le Prophète (SSSL) dit à Adye fils d’Hatem (QDLA) : « Si tu vies longtemps, tu verras certes le voyage de la femme de Hira (ville iraquienne) dans le but de faire le tawaf autour de la Kaaba, sans craindre personne à part Dieu ». Adye (QDLA) a dit par la suite : « J’ai bien vu la femme qui voyageait de Hira jusqu’au point d’accomplir le tawaf autour de la Kaaba, sans craindre personne à part Dieu » (rapporté par Bukhari).
Ainsi, ce hadith laisse bien entendre que l’interdiction du voyage d’une femme seule au début de l’islam était justifiée par l’insécurité car le Prophète (SSSL) avait bien annoncé la bonne nouvelle de la réalisation de l’état de sûreté où la femme pourra finalement voyager sans mahram étant donné qu’elle n’aura plus peur.

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